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La renaissance du Sequential Prophet-5 Rev4 : une légende revisitée

19 août 2026 23 min de lecture Mis a jour 20 août 2026
Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

En bref

  • Le Sequential Prophet-5 Rev4 reprend l’architecture qui a fait du Prophet-5 une légende depuis la fin des années 1970, sans transformer l’instrument en synthétiseur moderne surchargé.
  • Sa vraie force tient à ses deux filtres commutables, inspirés des révisions historiques Rev1/2 et Rev3, ainsi qu’au bouton Vintage qui dose volontairement l’instabilité analogique.
  • Avec cinq voix, une sortie mono, aucun effet et aucun séquenceur intégré, il vise clairement le studio, les claviéristes et producteurs qui privilégient le jeu et le timbre à la polyvalence.
  • Son tarif haut de gamme et ses 14 kg imposent une décision lucide : cette réédition est un instrument de caractère, pas une solution économique pour débuter en musique électronique.
  • Face à un Prophet-6 ou à un PolyBrute, le Rev4 ne gagne pas sur les fonctions. Il se distingue par une présence sonore directe, dense et immédiatement reconnaissable.

Sequential Prophet-5 Rev4 : pourquoi cette réédition reste une référence analogique

Le retour du Sequential Prophet-5 Rev4 n’a rien d’une simple opération rétro. Sorti en 2020, cet instrument a remis au centre une question que les synthétiseurs numériques, les plugins et les machines hybrides avaient parfois reléguée au second plan : qu’est-ce qui fait qu’un son paraît vivant sous les doigts ? La réponse du Rev4 est volontairement sobre. Cinq voix, deux oscillateurs par voix, un filtre passe-bas, des enveloppes ADSR et une façade remplie de commandes dédiées. Rien de spectaculaire sur le papier, mais une architecture qui a marqué des décennies de production.

Le Prophet-5 original, commercialisé à partir de 1978 par Sequential Circuits, a changé le rapport des musiciens au synthétiseur polyphonique. Il permettait de mémoriser des sons et de les rappeler, là où nombre de machines précédentes obligeaient à refaire les réglages à chaque session. Cette innovation paraît évidente aujourd’hui, mais elle a rendu possible une utilisation beaucoup plus musicale en studio et sur scène. Le Prophet-5 s’est ensuite imposé dans la pop, le cinéma, le funk, la new wave et la musique électronique, avec une personnalité reconnaissable sans être caricaturale.

Le Rev4 ne cherche pas à faire croire qu’il est un exemplaire ancien retrouvé dans un grenier. C’est une rénovation technique sérieuse : la construction est moderne, la mémoire est largement étendue, le MIDI et l’USB sont présents, tandis que les composants essentiels reproduisent le comportement des circuits historiques. Cette approche est plus pertinente qu’une copie fragile. Un Prophet vintage peut être fascinant, mais son état dépend de son entretien, de ses composants vieillissants et de la disponibilité d’un technicien compétent. Le Rev4 permet d’accéder à cette famille sonore sans acheter une pièce de collection potentiellement capricieuse.

Le mot « légende » est souvent utilisé à tort. Ici, il se justifie moins par la nostalgie que par l’influence. Une grande part des polysynthés analogiques commercialisés depuis quarante ans reprend, d’une façon ou d’une autre, la formule popularisée par Sequential : oscillateurs contrôlés en tension, filtre résonant, mémoires, clavier expressif et modulation simple à comprendre. Le Prophet-5 n’est pas le seul instrument important de cette époque, mais il a fourni une grammaire dont beaucoup de fabricants se servent encore.

Pour comprendre son intérêt en 2026, imaginons Léa, productrice qui termine un morceau de synthwave. Elle possède déjà de nombreux instruments virtuels capables de créer des nappes gigantesques et des sons très transformés. Pourtant, son arrangement manque d’un élément central : un accord qui tienne seul, sans empilement de couches ni traitement excessif. Le Rev4 répond exactement à ce besoin. Un patch simple, deux oscillateurs légèrement désaccordés et une enveloppe bien réglée peuvent suffire à installer une identité. C’est là que cet instrument prend son sens : il réduit le temps passé à chercher un son et augmente le temps consacré à jouer.

Cette simplicité comporte aussi une contrepartie. Le synthétiseur n’embarque ni réverbération, ni delay, ni arpégiateur, ni séquenceur. Il ne propose pas une matrice de modulation tentaculaire. Ceux qui attendent une machine capable de couvrir chaque rôle d’un home-studio seront mieux servis par des modèles plus polyvalents. Le Prophet-5 Rev4 n’est pas conçu pour cocher toutes les cases ; il est conçu pour exceller dans une zone précise, celle du timbre analogique immédiat et expressif.

Élément Sequential Prophet-5 Rev4 Ce que cela change à l’usage
Polyphonie 5 voix Suffisant pour les accords classiques, plus limité pour les nappes très chargées.
Oscillateurs 2 VCO CEM 3340 par voix Des générateurs réellement analogiques, avec une matière dense et des variations naturelles.
Filtres Rev1/2 ou Rev3 commutables Deux caractères historiques accessibles dans un seul clavier.
Effets intégrés Aucun Prévoir pédales, processeurs externes ou plugins pour élargir le son.
Sortie audio Mono sur jack 6,35 mm Un son central et solide, à spatialiser ensuite avec des effets externes.
Poids 14,06 kg pour l’instrument Construction robuste, mais transport peu pratique sans flight-case.

Le Rev4 rappelle donc qu’un synthétiseur n’a pas besoin d’être complexe pour rester profond. Sa force n’est pas d’offrir mille options, mais de faire en sorte que chaque réglage utile ait une conséquence audible, musicale et exploitable.

Panneau de contrôle d'un synthétiseur avec potentiomètres et voyant orange
Illustration générée par intelligence artificielle.

Le son du Prophet-5 Rev4 : oscillateurs, filtres et bouton Vintage expliqués

Le cœur du Sequential Prophet-5 Rev4 repose sur deux VCO CEM 3340 par voix. VCO signifie « oscillateur contrôlé en tension » : c’est le circuit qui crée le signal brut à partir duquel le son est construit. Contrairement à un oscillateur numérique, qui répète une forme d’onde de manière mathématiquement identique, un VCO analogique présente de très légères variations. Ces écarts ne transforment pas chaque note en aventure imprévisible, mais ils évitent la sensation parfois trop fixe d’un son parfaitement calculé.

L’oscillateur A propose les formes d’onde dent de scie et impulsion. L’oscillateur B ajoute le triangle, souvent utile pour renforcer une basse ou adoucir une texture. Les formes peuvent être activées simultanément, ce qui permet d’épaissir un patch avant même de toucher au filtre. La dent de scie est riche en harmoniques : elle donne facilement des nappes brillantes et des cuivres synthétiques. L’onde impulsion, plus creuse et nerveuse, sert volontiers aux basses, aux leads ou aux sons rythmiques. L’onde triangle contient moins d’harmoniques et apporte un grave plus propre.

Le mélangeur dose séparément les deux oscillateurs et le bruit blanc. Ce dernier ressemble à un souffle couvrant toutes les fréquences audibles. Ajouté avec parcimonie, il donne du grain à une caisse claire synthétique, à un souffle de vent ou à une attaque plus organique. Les réglages les plus convaincants ne viennent pas forcément de sons compliqués. Par exemple, une basse de musique électronique peut naître d’une onde impulsion, d’un peu de triangle une octave plus bas et d’un filtre assez fermé. Le Prophet-5 est particulièrement fort dans ces recettes simples qui s’installent sans lutter dans un arrangement.

Deux filtres historiques dans une même machine

La grande particularité du Rev4 est de proposer deux versions de son filtre passe-bas résonant à quatre pôles. Un filtre passe-bas retire progressivement les fréquences aiguës : en fermant sa fréquence de coupure, le son devient plus sombre ; en l’ouvrant, il retrouve sa brillance. Quatre pôles correspondent à une pente de 24 dB par octave, donc à une atténuation franche des aigus. C’est l’un des éléments déterminants de la signature Prophet.

Le mode Rev1/2 s’appuie sur un circuit 2140 conçu par Dave Rossum, équivalent actuel du filtre 2040 des premières machines. Son comportement est souvent perçu comme plus épais, plus organique et légèrement plus rugueux. Le mode Rev3 utilise un CEM 3320 associé à Doug Curtis. Il peut sembler plus net, plus incisif et plus ferme dans les attaques. Il ne s’agit pas de décréter qu’un mode est supérieur à l’autre : un pad sombre peut gagner en ampleur avec le premier, tandis qu’un lead devant percer un mix chargé trouvera une assise plus précise avec le second.

La résonance accentue la zone située autour de la fréquence de coupure. Poussée très loin, elle peut amener le filtre à l’auto-oscillation, c’est-à-dire produire une tonalité même sans oscillateur audible. Ce comportement est particulièrement utile pour créer des effets, des sons de science-fiction ou des basses très resserrées. Il faut cependant surveiller le niveau : une forte résonance peut devenir agressive dans un casque fermé ou sur des enceintes de proximité.

Le bouton Vintage : une instabilité réglable plutôt qu’un défaut subi

Le bouton Vintage est l’ajout moderne le plus intelligent de cette réédition. Réglé sur 4, il place le Rev4 dans son état le plus stable. En descendant vers 1, il introduit les différences de comportement propres aux premiers Prophet-5 : légères dérives d’accordage, enveloppes moins uniformes, variations d’amplification et réponses moins identiques d’une voix à l’autre. Cela recrée l’impression d’un instrument qui respire, sans obliger l’utilisateur à accepter les pannes et les compromis d’un clavier ancien.

Dans le morceau de Léa, ce contrôle peut être utilisé avec méthode. Pour une ligne de basse précise et doublée avec une batterie électronique, une position 3 ou 4 garde l’accordage solide. Pour une nappe lente derrière une voix, une position 1 ou 2 crée des battements subtils entre les notes tenues. Le résultat devient moins clinique, surtout si la partie est jouée plutôt que quantifiée au millimètre dans un logiciel.

La Poly Mod complète ce caractère. Elle permet d’utiliser l’enveloppe du filtre ou l’oscillateur B comme source de modulation, notamment vers la fréquence et la largeur d’impulsion de l’oscillateur A, ou vers le filtre. C’est la voie vers les sons métalliques, les attaques mordantes et les textures instables qui ont fait la réputation du modèle. Derrière sa façade rétro, le Rev4 conserve donc une capacité de surprise : il suffit de pousser une modulation pour quitter les clichés des années 1980.

La signature du Prophet-5 Rev4 ne vient pas d’un unique composant miracle, mais de l’interaction entre des circuits simples, deux filtres distincts et une instabilité maîtrisable. C’est cette interaction qui transforme une note tenue en véritable matière sonore.

Sequential Prophet-5 Rev4 en studio : clavier, mémoire et connexions à connaître

Le Prophet-5 Rev4 se joue comme un instrument avant de se programmer comme une machine. Son clavier Fatar de cinq octaves, semi-lesté, accueille la vélocité et l’aftertouch de canal. La vélocité mesure la force avec laquelle une touche est frappée ; ici, elle peut agir sur l’intensité des enveloppes. L’aftertouch intervient après l’enfoncement, lorsque la pression est maintenue sur la touche. Il peut contrôler la coupure du filtre ou la quantité de LFO, un oscillateur lent utilisé pour créer vibrato, trémolo ou mouvement cyclique.

Cette expressivité mérite un temps d’adaptation. Un patch de cuivres synthétiques, par exemple, devient plus crédible lorsque la vélocité ouvre légèrement le filtre et que l’aftertouch ajoute un vibrato progressif. Au lieu de dessiner chaque automatisation dans une station audionumérique, le musicien peut enregistrer une interprétation plus naturelle. C’est particulièrement utile pour les musiques de film, la pop atmosphérique ou les arrangements où un synthétiseur doit dialoguer avec une voix.

La façade adopte une logique directe : ce qui est affiché correspond à ce qui est entendu lorsque le mode Preset est désactivé. Cette philosophie « un bouton, une fonction » évite de fouiller dans des pages de menus. Les 200 programmes utilisateur et les 200 programmes d’usine sont répartis en cinq banques de 40 emplacements. Ce nombre reste raisonnable comparé aux milliers de presets d’un workstation, mais il convient à l’approche de l’appareil : conserver les sons réellement utilisés plutôt qu’accumuler des variantes oubliées.

Pour Léa, une organisation efficace pourrait être la suivante :

  • Banque 1 : basses sèches, sub-basses et lignes de séquence enregistrées depuis le DAW.
  • Banque 2 : accords, pads et textures lentes avec différents réglages du bouton Vintage.
  • Banque 3 : leads, sons synchronisés et effets issus de la Poly Mod.
  • Banque 4 : sons dédiés à un projet ou à une session live précise.
  • Banque 5 : expérimentations à sauvegarder avant de modifier un programme utile.

Cette méthode paraît banale, mais elle évite un problème classique : revenir six semaines plus tard sur une production et chercher le bon timbre parmi des dizaines de patches nommés « Pad 01 ». Les accès directs aux huit programmes du jeu en cours restent fidèles à l’esprit du modèle originel et accélèrent le travail quand les sons sont préparés à l’avance.

Une connectique pensée pour les studios hybrides

La connectique du Rev4 confirme son orientation professionnelle. La sortie audio principale est mono, au format jack 6,35 mm, accompagnée d’une sortie casque stéréo. La sortie mono n’est pas une faiblesse automatique. Un signal mono dense se place souvent mieux au centre d’un mix qu’un son déjà élargi artificiellement. Un delay stéréo ou une réverbération externe peuvent ensuite donner de l’espace sans diluer l’attaque ni le grave.

Le MIDI In, Out et Thru permet de synchroniser le clavier avec une interface MIDI, d’autres synthétiseurs ou une station audionumérique. L’USB transmet également le MIDI dans les deux sens, sans servir d’interface audio : pour enregistrer le son, il faut donc relier la sortie du Prophet à une interface audio. Une entrée ligne est recommandée, car le niveau de sortie peut être élevé. Brancher directement le synthé dans une entrée micro risque de saturer inutilement le préampli.

Les entrées et sorties CV/Gate sont une excellente nouvelle pour les utilisateurs de synthétiseurs modulaires. Le CV, ou tension de contrôle, transporte une information continue comme la hauteur d’une note. Le Gate envoie un signal marche/arrêt pour déclencher une enveloppe. Le Rev4 fonctionne selon la norme un volt par octave, très répandue en synthèse analogique. Il peut donc contrôler un module externe ou être joué depuis un séquenceur CV compatible.

Des connexions sont aussi prévues pour une pédale d’expression assignée au filtre, une pédale de volume et une pédale de sustain. Sur scène ou en prise directe, une pédale d’expression sur la coupure du filtre apporte une gestuelle très musicale. C’est souvent plus intuitif que de dessiner une automatisation avec une souris. Le portamento polyphonique, les molettes de modulation et de pitch, ainsi que le mode Unison, enrichissent encore le jeu sans alourdir l’interface.

Le Rev4 n’essaie pas de remplacer un studio entier. Il se raccorde proprement à un environnement existant, puis laisse le musicien se concentrer sur l’essentiel : jouer, enregistrer et traiter un signal déjà plein de caractère.

Prophet-5 Rev4 ou Prophet-6 : choisir selon la musique électronique et le budget

La comparaison avec le Prophet-6 revient systématiquement, et elle est légitime. Les deux instruments partagent une filiation Sequential, une construction solide, un format cinq octaves et une esthétique immédiatement identifiable. Pourtant, ils ne répondent pas au même cahier des charges. Le Prophet-6 est une interprétation moderne de l’idée Prophet : six voix, effets numériques intégrés, sortie stéréo, arpégiateur, séquenceur et davantage de possibilités de modulation. Le Prophet-5 Rev4 vise, lui, le retour à une architecture plus ancienne et à un comportement sonore très spécifique.

Pour un producteur qui compose seul et veut finaliser rapidement des maquettes, le Prophet-6 est souvent plus pratique. Son arpégiateur accélère l’écriture, ses effets permettent de produire une ambiance sans câblage externe et sa stéréo facilite les textures larges. Pour un claviériste qui cherche un son principal d’album, avec une réponse brute et une dynamique très directe, le Rev4 peut être le choix le plus cohérent. Il ne remplace pas le Prophet-6, pas plus que le Prophet-6 ne remplace un Prophet-5.

Critère Prophet-5 Rev4 Prophet-6 Choix le plus logique
Voix 5 6 Prophet-6 pour des accords plus fournis.
Effets Non Oui, delay et réverbération Prophet-6 pour un setup autonome.
Sorties Mono Stéréo Prophet-6 pour les productions spatialisées sans traitement externe.
Caractère Plus brut, dense, historique Plus moderne et polyvalent Rev4 pour la signature Prophet classique.
Transport 14,06 kg Environ 9 kg Prophet-6 pour les déplacements fréquents.

Le prix doit être regardé sans romantisme. Le Prophet-5 Rev4 s’est longtemps situé autour de 3 500 euros selon les distributeurs, les stocks et les variations de marché. À cette somme, il faut parfois ajouter un flight-case, une pédale d’expression et, surtout, des effets de qualité. Un delay ou une réverbération bien choisis peuvent révéler des dimensions superbes du clavier, mais ils augmentent le budget réel. Acheter ce modèle en espérant un synthétiseur « tout-en-un » mènerait à une frustration prévisible.

Le rapport qualité-prix dépend donc de l’usage. Pour un premier synthétiseur analogique, des alternatives comme un Prophet Rev2, un PolyBrute d’occasion ou des instruments plus accessibles permettront souvent d’apprendre davantage de techniques pour moins cher. Le Rev4 devient pertinent lorsqu’un musicien sait déjà ce qu’il recherche : une réponse d’enveloppe particulière, une présence dans les médiums, des basses lisibles, des accords qui ne s’écrasent pas, et une ergonomie qui encourage la création rapide.

À qui le Prophet-5 Rev4 convient réellement

Il convient au compositeur de bandes originales qui veut enregistrer de vraies prises de clavier, avec de petites variations d’attaque et de timbre. Il convient aussi au producteur de synth-pop, d’ambient, d’électro sombre, de techno mélodique ou de R&B qui cherche une source centrale plutôt qu’une machine à effets. Son caractère sec est un atout : un son trop traité devient difficile à placer, tandis qu’un signal riche mais sobre s’adapte à l’arrangement.

Il convient moins au musicien qui joue régulièrement dans des clubs, prend le train avec son matériel ou a besoin de séquences et d’arpèges sans ordinateur. Ses dimensions de 95,25 cm de long, 41,6 cm de profondeur et 12,4 cm de hauteur, associées à sa construction en acier et noyer noir, en font un bel objet robuste, mais pas un compagnon léger. Le colis annoncé à 18,1 kg donne une idée réaliste de ce qu’implique son déplacement avec emballage et protection.

Il faut aussi accepter ses limites créatives. Cinq voix demandent parfois de penser l’arrangement autrement. Si une nappe occupe cinq notes et qu’une sixième arrive, une voix existante est réattribuée. Ce phénomène, appelé vol de voix, peut couper une note tenue. Ce n’est pas dramatique, mais cela invite à jouer des voicings plus intelligents ou à enregistrer plusieurs passes. Dans un studio, cette contrainte peut même devenir une méthode d’écriture plutôt qu’un obstacle.

Le bon choix ne consiste donc pas à acheter la machine la plus mythique, mais celle qui correspond au geste et au flux de travail. Le Prophet-5 Rev4 justifie son coût lorsque sa voix devient celle que l’on entend dans sa tête avant même d’appuyer sur une touche.

Utiliser le Sequential Prophet-5 Rev4 durablement : réglages, entretien et place dans un mix

Un synthétiseur analogique haut de gamme mérite une installation adaptée. Le Prophet-5 Rev4 possède une alimentation interne compatible avec les réseaux de 100 à 240 volts, à 50 ou 60 Hz, pour une consommation maximale de 20 watts. Cette donnée est rassurante pour un usage international, mais ne dispense pas d’une alimentation électrique propre. Une multiprise protégée contre les surtensions reste recommandée dans un home-studio où cohabitent ordinateur, interface audio, moniteurs et périphériques sensibles.

Comme tout instrument à oscillateurs analogiques, le Rev4 gagne à être allumé quelques minutes avant une session exigeante. Les composants se stabilisent en température, ce qui améliore la tenue de l’accordage. Cette précaution ne signifie pas que le clavier est instable ou fragile : elle fait simplement partie du fonctionnement normal d’une machine analogique. Dans une pièce où la température varie fortement entre l’après-midi et la nuit, un contrôle rapide de l’accordage avant l’enregistrement évite de mauvaises surprises.

Les retours d’utilisateurs signalent aussi l’intérêt de maintenir le système interne à jour. Une mise à jour peut corriger des comportements de tracking, c’est-à-dire la relation entre les notes jouées et la hauteur réellement produite par les oscillateurs. Avant une session importante, il est raisonnable de vérifier la version du système, de consulter la procédure officielle de Sequential et de sauvegarder les programmes personnels. Cette discipline prend peu de temps et protège un travail parfois accumulé sur plusieurs mois.

Faire entrer un son mono dans un mix moderne

La sortie mono du Prophet-5 Rev4 peut étonner à une époque où tout semble devoir être large, immersif et immédiatement spectaculaire. Pourtant, un son mono bien enregistré possède une qualité précieuse : il reste solide lorsqu’il est écouté sur une enceinte Bluetooth, un téléphone, un casque ou un système de diffusion de club. Le grave ne se disperse pas et l’attaque garde sa place. Pour une basse ou un lead, cette concentration est souvent plus utile qu’une largeur artificielle.

Une chaîne simple fonctionne très bien : sortie du Prophet vers une entrée ligne d’interface audio, puis compression légère seulement si le jeu le demande. Une réverbération auxiliaire, envoyée en parallèle, apporte de la profondeur sans noyer le signal original. Pour un pad, un delay stéréo synchronisé au tempo peut créer une image large tout en laissant le timbre central intact. L’égalisation doit rester mesurée. Si le son paraît trop massif, retirer légèrement autour des bas-médiums peut suffire ; s’il manque de présence, une ouverture du filtre ou une modification de l’enveloppe sera souvent plus musicale qu’un boost massif d’aigus.

Dans le projet de Léa, une basse Prophet enregistrée en mono occupe le centre avec la grosse caisse. Elle évite de la doubler systématiquement. À la place, une nappe plus filtrée est envoyée dans une réverbération stéréo et un lead reçoit un delay court. Les rôles deviennent distincts : le synthétiseur garde son impact, tandis que le mix acquiert de la largeur par les effets et les arrangements. Cette méthode évite le piège du mur de sons où chaque piste veut occuper tout l’espace.

Le mode Unison mérite aussi d’être utilisé avec discernement. Il empile plusieurs voix sur une note pour rendre le son plus imposant. Avec les cinq voix disponibles, un lead devient immédiatement énorme, surtout lorsque les oscillateurs sont un peu désaccordés. En contrepartie, le clavier devient monophonique : une seule note peut être jouée à la fois. C’est parfait pour un solo, beaucoup moins pour un accord. Le choix du nombre de voix empilées permet de doser l’épaisseur sans perdre toute souplesse.

Le Prophet-5 Rev4 n’a pas besoin d’être préservé sous une housse comme une relique. Il doit être joué, entretenu, enregistré et confronté à des morceaux réels. Sa pérennité vient de là : une machine historique qui reste pertinente parce qu’elle impose encore des décisions musicales claires.

Le Sequential Prophet-5 Rev4 est-il un bon premier synthétiseur analogique ?

Il peut l’être pour un débutant disposant d’un budget conséquent et recherchant précisément ce son, car son interface est très directe. En revanche, son prix, ses cinq voix, l’absence d’effets et l’absence d’arpégiateur rendent souvent un modèle plus polyvalent plus rationnel pour débuter.

Quelle est la différence entre les filtres Rev1/2 et Rev3 du Prophet-5 Rev4 ?

Le filtre Rev1/2, basé sur le Rossum 2140, évoque le comportement plus organique des premiers Prophet-5. Le filtre Rev3, basé sur le CEM 3320, offre généralement une réponse plus ferme et incisive. Les deux sont utiles selon le son recherché.

Pourquoi le Prophet-5 Rev4 n’a-t-il qu’une sortie mono ?

Le modèle respecte l’architecture historique du Prophet-5. Une sortie mono favorise aussi une image centrale dense et facile à intégrer dans un mix. La stéréo s’obtient ensuite avec des effets externes, en pédale, rack ou plugin.

Le bouton Vintage désaccorde-t-il forcément le synthétiseur ?

Non. Il simule progressivement les variations de comportement des anciennes révisions, sur les oscillateurs, enveloppes et amplificateurs. À 4, le Rev4 reste très stable ; vers 1, il devient volontairement plus vivant et moins uniforme.

Peut-on connecter le Prophet-5 Rev4 à un ordinateur ?

Oui. L’USB assure une communication MIDI bidirectionnelle avec un ordinateur, et les ports MIDI DIN restent disponibles. Pour enregistrer l’audio, il faut relier la sortie mono du synthétiseur à une entrée ligne d’interface audio.